Il est
sûr que Cirse a tenu à nous proposer ses
atmosphères multiples, sans se soucier de
nous imposer un fil musical conducteur trop strict pour nous
permettre peut-être, de le rejoindre dans l'un de
ses songes .
Allez
on y va, on met le CD dans la platine ?! !
Et je vous
propose de manière très astucieuse de commencer
par la piste 1 qui s'appelle "Basse
cour"
hé bien c'est précisément
à
mon sens la plus déconcertante de l'album . Les
ruptures y sont
pour mon goût trop fréquentes et c'est
cette piste
que j'aime le moins. On retrouve ces mêmes ruptures dans "Sans
étiquette apparente",
mais entre-temps on s'est habitué à l'univers
musical de CIRSE. Mais c'est quoi, me direz-vous, ces
ruptures dont je vous parle ? Ouais bonne question ! Et bien
je
pense que dans ces 2 titres
CIRSE a essayé de marier toutes ses influences musicales qui
vont du classique pur au jazz prog'.
En
piste 2 vient "L'ange
réversible" et
là le charme commence à
agir,
et en plus vous aurez
l'impression d'entrer dans la basilique
titre du disque. Le
morceau s'écoute en fermant les yeux; une intro
médiévale puis ensuite des chœurs
grégoriens vous entraîneront vers le mystique,
voire le
sacré. «C'est 4 minutes 17 de bonheur»
"Mélodie
zéro" :
L'ambiant à l'état pur. Tout au
long de ce titre
j'ai eu le sentiment d'être près à
tomber
dans un espèce de vortex puissant et galactique. Ce sera
peut-être la musique qu'on entendra quand on sera tous
avalé par le grand trou noir.
"DRAO-ETSUGÜA"
: De faux airs d'exorciste, des voies humaines
désincarnées, on cherche à savoir tout
le
long du morceau qui est DRAO-ETSUGÜA. "La
LOUISON"
elle, est un clin d'œil ;-) elle est
là la Loco de
Zola, elle
avance légère mais brinquebalante, et puis aussi
puissante et heureuse quand elle crache sa vapeur. Le rythme est
obsédant. Pour "Stratus" et
"Evicsal"c'est
le retour à l'ambient : on part du rêve, plongeant
dans l'aérien, jusqu’à
l'éthéré. "Paul
Klee"
: C'est Erik SATIE à qui on aurait filé un
hautbois qui nous a composé une petite musique.
"Mikado";
"Souffleur de verres"; "L'orchestre Mélancolique" : Cette fois c'est
l'inquiétant, l'oppressant mais aussi
l'envoûtant qui prend le dessus. "Malpertuis"
: Difficile
de savoir ce qui a inspiré le musicien pour ces trois
phases bien distinctes; et si c'était
l'homme dans
son parcours de vie, insouciant et maladroit quand il est enfant,
superbe égoïste
et méchant
adolescent, puis vient la plénitude avec son
chapelet de regrets
et la nostalgie de la maturité.
"Les
anciens dieux" : Un
clin d'oeil appuyé à MESSIAEN dans
l'intensité de
ces sons liturgiques. Et si c'était les dieux qui avaient
inventé
l'orgue ? S' ils s'en servaient pour montrer à l'homme leur
puissance de dieux ? Solennel et menaçant.
"Nature
morte" :
La richesse du synthé exploité par le musicien,
la partie violoncelle est majestueuse.
"Eriatilos
le grand" :
La même beauté que pour la piste
précédente, avec les
mêmes instants de
pureté, à tel point qu'elle semble d'ailleurs en
être le
prolongement musical et intemporel. CIRSE se
devait
de terminer son disque par cette piste.
Voilà,
la
musique de Philippe CIRSE est très très loin de
ce qui se
trame sur nos radios, c'est une musique qui s'écoute, et
pour écouter il ne faut pas seulement des
oreilles, il faut aussi un cerveau pour
rêver, et un
cœur pour avoir des émotions .
Bravo l'artiste :-)
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D'autres
titres à écouter :
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"Démons
& Lumières"
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"Murailles
et jardins suspendus"
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Le
matériel utilisé par Philippe Cirse :
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